Eglise de Saint-Christophe

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Eglise de Saint-Christophe

L’existence de Saint-Christophe est attestée vers 1050. En 1072, une charte de l’abbaye de Saint-Florent de Saumur mentionne la construction en 1061, dans l’enceinte du château, par un chevalier nommé Aimery, d’une église de pierre en remplacement d’un édifice de bois. Cette église était dédiée à saint Christophe. Au milieu du XIIIe siècle, Saint-Christophe avait le titre de châtellenie et fut plus tard qualifié de première baronnie de Touraine, titre qui lui était disputé par l’importante seigneurie de Preuilly.

Hardoin de Bueil, évêque d’Angers (1430-1439) et seigneur de Châteaux (aujourd’hui Château-la-Vallière), acheta la baronnie qui restera à partir de ce moment et jusqu’à la Révolution dans les biens des seigneurs de Château-la-Vallière. En mai 1667, la baronnie entra dans la composition du duché de ce nom, érigé par Louis XIV en faveur de Louise de la Baume le Blanc, plus connue dans l’histoire sous son nom de Louise de la Vallière.

L’église actuelle, dédiée à saint Christophe, est une construction composite dont les dates de réalisation s’échelonnent du XIIe au XIXe siècle.

L’église paroissiale (classée Monument historique)

L’abside romane semi-circulaire, datée du XIIè siècle, pourrait faire partie de l’édifice ayant succédé à l’église mentionnée au 1061. Cette dernière aurait formé partie du prieuré fondé à en 1068 par Hugues III d’Alluye, seigneur de Saint-Christophe et Barthélémy, archevêque de Tours, puis donné à l’abbaye de Saint-Florent de Saumur. L’abbaye avait installé à Saint-Christophe un prieuré de plusieurs moines.

A l’extérieur de l’église, on remarque que les fenêtres actuelles du chœur, agrandies à l’époque gothique, ont conservé l’appareil roman en écailles de poisson.Le chœur semble correspondre à l’emplacement de l’ancienne nef romane. Son aspect actuel résulte pour un bonne part d’une campagne de travaux datable du XIVè siècle. Sa voûte lambrissée est du XVIè siècle.

Dans le mur Nord du chœur s’ouvre la chapelle du prieur. Sa voûte se compose de deux travées en croisées d’ogives et d’une travée en berceau surbaissé. La nef, sans doute construite au XIVe siècle, fut très remaniée au début du XVIe siècle, peu après la construction en (en 1505) du clocher par le curé Jehan Delaunay. Le nom de ce dernier figure encore sur l’un des piliers du clocher. Des peintures murales subsistent dans plusieurs parties de l’église.

Dans le chœur, des vestiges de décor peint allant du XIIIe au XVIe siècle laissent penser que l’église fut autrefois entièrement décorée de peintures. On devine sur le mur Sud du chœur de grandes scènes historiées avec des personnages en pied encadrés de phylactères (sortes de banderoles ondulées). Il pourrait s’agir d’une crucifixion, peut-être du XVIe siècle. Au mur Sud de la nef, d’autres scènes, restaurées en 1990, montrent un évêque et plusieurs autres personnages qui n’ont pu encore être identifiés

Le décor de l’église

A l’entrée de l’église, les fonts-baptismaux du XVIIe siècle (classés Monuments historiques) sont ornés d’une représentation du Baptême du Christ.

Face à l’entrée, le haut-relief géant de saint Christophe est une œuvre naïve du XVIIIe siècle qui serait due à un artisan de Neuvy-le-Roi du nom de Roquentin. L’on sait que dans l’imagerie populaire ancienne liée au culte de ce saint, un simple regard vers une représentation de Saint-Christophe avait la vertu de protéger pour tout le jour de la mort subite.

Dans la chapelle Nord, consacrée à saint Gilles, un rétable (classé Monument historique) de belle facture est signé « A. Chopart », artiste dont nous ne savons rien. Il représente la scène célèbre de l’apôtre saint Pierre délivré de ses liens par un ange venu le visiter dans sa prison. Cette œuvre du XVIIe siècle proviendrait, selon une tradition non vérifiée, de l’ancienne et toute proche abbaye cistercienne de la Clarté-Dieu.

Plus à droite, le devant d’autel, sculpté dans du tuffeau, représente la Mise au tombeau. les trois autels et leurs rétables, dans le choeur, sont des XVIIIe et XIXe siècles. Le tabernacle central, en bois doré, a été fortement restauré, sinon construit,, en 1865 par un doreur de Tours du nom de Lebrun, ainsi qu’en témoigne la signature de son travail, apposée à la base du tabernacle.

La statue de saint Christophe, en terre cuite polychromée, qui surmonte le maître-autel est sans doute un oeuvre d’art local. Au XVIIIe siècle, la commune de Saint-Christophe possédait des ateliers de faïence dont la renommée dépassait le cadre de la Touraine.